Le président Donald Trump a passé le mois dernier à essayer de faire pression sur le Canada à la table des négociations. Au contraire, cette pression est peut-être en train de créer un résultat que Washington n'a jamais souhaité : pousser l'un des plus proches alliés des États-Unis vers l'Europe.
Mercredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré au Premier ministre canadien Mark Carney qu'elle souhaitait permettre au Canada de devenir le premier « membre associé » du bloc.
Il n'existe aucun modèle juridique pour ce statut. Pourtant, le signal d'investissement est déjà visible.
Von der Leyen a décrit la relation élargie comme une « alliance pour l'avenir », visant à construire un espace commun de prospérité et de sécurité économique.
Elle l'a présenté comme étant enraciné dans des valeurs démocratiques partagées plutôt que comme une opposition à Washington.
« Il s'agit d'un partenariat qui ne vise personne d'autre », a-t-elle déclaré.
Le programme va bien au-delà des droits de douane. Il couvre la fabrication de pointe, l'intelligence artificielle, les batteries, l'énergie, les minéraux critiques, les projets arctiques et l'intégration des industries de défense canadiennes et européennes.
Carney doit s'adresser au Parlement européen jeudi.
Les échanges de biens et de services entre l'UE et le Canada ont atteint 130,8 milliards d'euros en 2025, soit une hausse de plus de 81 % par rapport à 2016, selon les données de la Commission européenne.
L'accord économique et commercial global (CETA) entre l'UE et le Canada, appliqué provisoirement depuis 2017, a éliminé 98 % des droits de douane.
La défense a évolué plus rapidement. Le Canada est devenu le premier participant non européen à SAFE, le programme d'achats conjoints de 150 milliards d'euros de l'UE.
Environ 70 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis.
Environ 70 % des exportations canadiennes sont toujours destinées aux États-Unis. Cette dépendance ne peut pas être supprimée rapidement car les deux économies partagent des chaînes d'approvisionnement profondément intégrées.
Pourtant, la direction est importante.
Après l'échec des négociations commerciales bilatérales en août, Washington a imposé des droits de douane de 50 % sur un large éventail de produits canadiens. L'offre de l'Europe donne désormais à Ottawa une place crédible pour réorienter les investissements, la production et l'énergie diplomatique.
Ce changement est également porteur d'un message pour les entreprises américaines.
Les droits de douane peuvent protéger les producteurs nationaux, mais ils peuvent également encourager les fournisseurs à établir de nouvelles relations qui survivront après la suppression des droits
Ce qui n'est pas clair, c'est si un accès accru au marché unique de l'UE pourrait obliger le Canada à adopter les règles européennes sans vote.
Le prochain sommet entre le Canada et l'UE en octobre devrait révéler si le terme « membre associé » devient un véritable cadre économique ou s'il conserve une image de marque diplomatique.
Pour une large exposition au marché canadien, les investisseurs peuvent surveiller l'ETF iShares MSCI Canada (NYSE : EWC).
Le fonds est fortement axé sur les finances, l'énergie et les matériaux, ce qui en fait un indicateur approximatif des banques et de l'économie des ressources du Canada.
Les opportunités les plus ciblées se situent en dessous de l'indice.
Cameco Corporation (NYSE : CCJ) offre une exposition à l'uranium et au combustible nucléaire canadiens. Il s'agissait de la plus importante participation du Global X Uranium ETF (NYSE : URA), avec environ 22 % mardi.
Les producteurs de cuivre pourraient également bénéficier si l'Europe canalisait des capitaux vers des projets canadiens de minéraux critiques.
Hudbay Minerals Inc. (NYSE : HBM) et Teck Resources Limited (NYSE : TECK) étaient les deux principales participations du Global X Copper Miners ETF (NYSE : COPX).
Du côté de la défense, CAE Inc. (NYSE : CAE), un spécialiste canadien de la simulation de vol et de l'entraînement militaire, est un autre nom à surveiller.
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