Les interfaces cerveau-ordinateur ont été largement associées au Neuralink d'Elon Musk et à ses puces implantables. Mais l'acquisition discrète de la start-up Sonera par Apple Inc (NASDAQ : AAPL) suggère que le fabricant d'iPhone poursuit une ambition à long terme similaire en empruntant une voie très différente : intégrer la détection du cerveau et des muscles aux appareils portables grand public plutôt qu'à la salle d'opération.
Apple a acquis la start-up californienne Sonera en mai, selon des documents récemment publiés par l'Union européenne. La start-up a développé des capteurs magnétiques compacts capables de détecter de minuscules champs magnétiques générés par le cerveau et les muscles sans avoir besoin de contact avec la peau ou de dispositifs implantés.
Fondée par Nishita Deka et Dominic Labanowski, chercheurs de l'UC Berkeley, Sonera s'est d'abord concentrée sur la surveillance musculaire avant de se lancer dans une technologie qui pourrait éventuellement permettre la détection quotidienne du cerveau. Le site Web de la société a depuis été mis hors ligne à la suite de l'acquisition.
Apple n'a pas dévoilé publiquement comment elle prévoit d'utiliser cette technologie, mais cette acquisition s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par l'entreprise en matière de santé numérique, d'accessibilité et de moyens plus naturels permettant aux utilisateurs d'interagir avec ses appareils.
La comparaison avec Neuralink est inévitable, mais les deux sociétés semblent résoudre différentes parties du même problème.
Neuralink développe des interfaces cerveau-ordinateur implantables conçues pour capturer des signaux neuronaux de haute fidélité, avec pour objectif initial d'aider les personnes atteintes de troubles neurologiques graves à retrouver la communication et le contrôle physique.
L'approche d'Apple, en revanche, semble donner la priorité à l'accessibilité et à l'évolutivité. Si les capteurs non invasifs deviennent suffisamment précis, ils pourraient éventuellement être intégrés à des produits tels que l'Apple Watch, Vision Pro ou d'autres appareils portables, permettant ainsi de nouvelles formes de reconnaissance des gestes, de surveillance de la santé ou d'interaction mains libres sans intervention chirurgicale.
Cette distinction reflète un compromis plus large en matière d'interfaces cerveau-ordinateur : les dispositifs implantés peuvent capturer des données neuronales plus riches, tandis que les capteurs portables ont le potentiel d'atteindre des centaines de millions de consommateurs si la technologie arrive à maturité.
L'acquisition de Sonera par Apple ne signifie pas que des appareils grand public contrôlés par le cerveau sont imminents. La détection non invasive reste une technologie émergente, et la société n'a pas encore dévoilé de feuille de route commerciale.
Le principal point à retenir est stratégique. Apple n'a cessé d'élargir son écosystème en intégrant des technologies de santé avancées, allant de la surveillance du rythme cardiaque à la santé auditive, dans les appareils grand public de tous les jours.
Si la détection du cerveau et des muscles suit une trajectoire similaire, cette acquisition pourrait représenter un investissement précoce dans ce qui pourrait devenir la prochaine génération d'interactions homme-appareil, même si l'itinéraire d'Apple est très différent de celui du Neuralink de Musk.
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