Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que le Canada ne partagerait pas les recettes de péage du nouveau pont de 4,7 milliards de dollars avec les États-Unis tant que son investissement initial ne serait pas récupéré.
Lors d'un point de presse jeudi, Carney a expliqué : « Aucun partage des recettes de péage n'aura lieu tant que la totalité de la dette ne sera pas remboursée ». Il a ajouté qu'après l'apurement de la dette, le Canada avait l'intention de partager ses recettes nettes avec les États-Unis pendant les 15 premières années, après avoir pris en compte les coûts opérationnels tels que l'entretien et le déneigement.
La décision du Canada de conserver tous les bénéfices du péage du pont Gordie Howe reliant Windsor, en Ontario, et Détroit, au Michigan, est conforme à l'accord initial avec le Michigan, conclu en 2012.
Carney a également noté que le chiffre d'affaires net des premières années devrait être négatif à modeste, après prise en compte des coûts opérationnels. Une fois que le partage des recettes aura commencé, toutes les parts américaines seront réinvesties dans le développement économique.
L'ouverture du pont est prévue pour le 27 juillet.
Cette décision fait suite à des mois d'incertitude quant à l'ouverture du pont international Gordie Howe. Les deux pays sont parvenus à un accord sur la gouvernance des péages, la transparence et les investissements régionaux. Les États-Unis recevront 50 % des recettes de péage du pont et auront le pouvoir de s'opposer à toute augmentation du péage dépassant 10 % par rapport aux taux actuels.
Le candidat républicain au Sénat du Michigan, Mike Rogers, a déclaré que les États-Unis prévoyaient de rouvrir le pont dans de meilleures conditions, ajoutant que le pays était passé de l'absence de revenus à la génération de revenus importants grâce à cet arrangement.
L'ouverture du pont était initialement prévue pour le début du mois de juin mais a été brusquement annulée en raison d'un différend entre les autorités américaines et canadiennes. Les démocrates ont accusé l'administration Trump d'avoir retardé l'ouverture du pont entre Détroit et Windsor au profit du donateur milliardaire du président Donald Trump, Matthew Moroun, propriétaire du pont Ambassador situé à proximité, a rapporté le Guardian.
Les critiques, dont la représentante Rashida Tlaib, affirment que ce retard visait à protéger les intérêts commerciaux de Moroun, tandis que le nouvel accord donne aux États-Unis une plus grande surveillance de la tarification des péages sur les ponts.
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