Si le vaisseau spatial de Space Exploration Technologies Corp (NASDAQ : SPCX) atteint l'espace jeudi, les gros titres qualifieront probablement la mission de succès. Seth Seifman, analyste chez JPMorgan, pense que les investisseurs devraient attendre encore un peu.
Selon JPMorgan, le véritable test de Starship Flight 13 ne s'arrêtera pas lorsque la fusée quittera la rampe de lancement, ni même lorsqu'elle reviendra sur Terre. La plus grande question est de savoir si SpaceX est sur le point de piloter la même fusée encore et encore.
C'est l'étape qui pourrait à terme déterminer si Starship passe du statut de merveille d'ingénierie au moteur économique de la croissance à long terme de SpaceX.
Le vol 13 devrait transporter 20 satellites Starlink V3, tester les améliorations apportées au booster Super Heavy et tenter de rallumer en vol l'un des moteurs de l'étage supérieur de Starship. Cette mission marque également le deuxième vol de la dernière configuration V3 de la société, qui devrait alimenter les futurs déploiements de Starlink, les missions lunaires et, à terme, l'infrastructure satellitaire d'IA de nouvelle génération.
Ce sont là des étapes importantes. Mais JPMorgan soutient que ce ne sont pas sur eux que les investisseurs devraient se concentrer.
Selon Seifman, l'une des plus grandes questions reste plutôt de savoir à quelle vitesse SpaceX pourra inspecter, remettre à neuf et piloter à nouveau le deuxième étage de Starship après avoir survécu à la chaleur extrême et au stress liés à la rentrée. Les performances du système de protection thermique du véhicule, ainsi que le temps nécessaire pour le préparer à une autre mission, sont donc sans doute plus importantes que la question de savoir si le lancement de jeudi se déroule comme prévu.
SpaceX n'a jamais caché son ambition.
La société souhaite lancer Starship des dizaines de fois l'année prochaine, des centaines de fois en 2028 et finalement des milliers de fois par an. Cette vision dépend moins de la construction de fusées que de leur réutilisation rapide.
Cette distinction est importante pour les investisseurs.
Une fusée qui vole une fois reste un projet d'ingénierie coûteux. Une fusée qui peut être retournée rapidement commence à ressembler à une flotte aérienne, capable de réduire les coûts de lancement, d'augmenter la capacité et d'améliorer considérablement la rentabilité du déploiement de satellites.
C'est pourquoi JPMorgan affirme que les prochaines étapes, telles que la conquête de l'étage supérieur de Starship avec la tour de lancement Mechazilla, seront impressionnantes, mais pas nécessairement les plus importantes. La plus grande question est de savoir dans quel délai ce même véhicule pourra à nouveau voler.
Le vol 13 fournira de nombreuses données sur les progrès techniques de Starship, qu'il s'agisse des performances du moteur ou de la durabilité du bouclier thermique.
Mais le prochain catalyseur pour les investisseurs pourrait arriver bien après la fin de la webdiffusion de lancement.
Si SpaceX parvient à prouver que l'étage supérieur de Starship peut être récupéré, rénové et remis en service dans des délais de plus en plus courts, cela renforcerait l'analyse de rentabilisation de l'une des plus grandes ambitions à long terme de l'entreprise : rendre l'accès à l'espace aussi courant que l'aviation commerciale.
C'est le lancement après le lancement qui pourrait en fin de compte intéresser le plus Wall Street.
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